RECHERCHE SANTÉ

À Dakar, chercheurs et décideurs unis contre les risques alimentaires

Mardi 23 juin, la Faculté de médecine de l’UCAD n’accueillait pas une conférence de plus. Elle accueillait une conviction. Celle que sans recherche sérieuse, la sécurité de ce que mangent les Sénégalais restera une affaire de chance.

C’est la cinquième fois que cette journée scientifique se tient. Et pour la première fois peut-être, le message était aussi direct : il ne suffit plus de mesurer les risques alimentaires, il faut maintenant y répondre. Le thème choisi cette année le dit sans détour « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs ».

Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, était là pour l’ouverture. Il n’est pas venu avec des formules. Il est venu avec des chiffres et une mise en garde. Les maladies liées à l’alimentation continuent de peser sur les corps, sur les hôpitaux, sur les économies. Et la réponse, selon lui, ne viendra pas des bonnes intentions. « La science reste notre principal levier. Elle permettra d’identifier les dangers, d’évaluer les risques et d’anticiper les menaces émergentes à travers la prévention. »

Dans la salle, des chercheurs, des universitaires, des partenaires techniques et financiers. Tous réunis autour de la même question de fond : comment faire en sorte que les résultats produits dans les laboratoires africains atterrissent enfin dans les bureaux où se décident les politiques publiques ?

Le Pr Amadou Diop, président du Comité national du Codex alimentarius, a mis le doigt sur ce nœud. La recherche existe. Elle progresse. Mais elle reste souvent confinée dans des rapports que peu de décideurs lisent. Cette journée, dit-il, existe précisément pour rompre avec ça. « Les recherches présentées permettent de mieux comprendre les risques alimentaires et d’identifier des solutions adaptées à notre contexte. »

Ce contexte, justement, il évolue vite. Le changement climatique modifie les chaînes de contamination. De nouveaux polluants apparaissent. Les technologies alimentaires se transforment plus vite que les réglementations ne s’adaptent. Autant de raisons pour lesquelles les communications scientifiques de la journée ont couvert un spectre large : contaminants microbiologiques, résidus de pesticides, nutrition, innovations dans la transformation des aliments.

Ce qui ressort de cette édition n’est pas une alarme. C’est plutôt une démonstration tranquille que les institutions africaines sont capables de produire des connaissances qui leur ressemblent, ancrées dans leurs réalités et utiles à leurs populations.

Abdourahime Diallo

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous aimerez aussi

Voir plus