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À Accra, l’Afrique de l’Ouest accélère sa transition agroécologique pour des systèmes alimentaires plus résilients

Pendant trois jours, chercheurs, décideurs politiques, agriculteurs et partenaires internationaux se réunissent à Accra, au Ghana, pour réfléchir aux moyens d’accélérer la transition agroécologique en Afrique de l’Ouest. Au cœur des échanges : la souveraineté alimentaire, l’adaptation au changement climatique et le rôle de la science dans la transformation durable des systèmes agricoles.

L’avenir de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest s’écrit cette semaine à Accra. Depuis ce 1er juillet 2026, la capitale ghanéenne accueille la conférence du projet CIRAWA (Climate Resilient Agriculture in West Africa), financé par l’Union européenne. Jusqu’au 3 juillet, l’événement rassemble des chercheurs, responsables politiques, organisations internationales, agriculteurs et partenaires du développement autour d’un objectif commun : identifier les leviers permettant de faire de l’agroécologie un pilier des systèmes alimentaires durables dans la région.

Dans son allocution d’ouverture, la Vice-présidente du Ghana, Professeure Naana Jane Opoku-Agyemang, dont le message a été lu par son directeur de cabinet, Alex Percival Segbefia, a réaffirmé l’engagement du gouvernement ghanéen à intégrer les pratiques agroécologiques dans la transformation du secteur agricole.

« Nous devons abandonner les systèmes qui ne produisent plus les résultats attendus, tout en définissant clairement la direction que nous voulons prendre », a-t-elle déclaré. Le gouvernement entend notamment promouvoir la diversification des cultures, l’agroforesterie, l’amélioration de la fertilité des sols grâce au compost, le développement des biofertilisants et biopesticides, l’irrigation portée par les agriculteurs, la mécanisation adaptée ainsi que la production locale de semences à haut rendement.

La Vice-présidente a également insisté sur la nécessité d’élaborer une stratégie nationale dédiée à l’agroécologie afin d’accompagner durablement la transformation des systèmes alimentaires du pays et de contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).

L’agroécologie comme réponse aux défis climatiques

Pour Edmond Moukala, représentant de l’UNESCO au Ghana, cette conférence marque un moment décisif où « les politiques publiques, la science et les savoirs ancestraux se rencontrent » pour répondre à un défi majeur : nourrir les populations tout en restaurant les écosystèmes.

Face aux effets grandissants du changement climatique, il estime que l’agroécologie dépasse largement le cadre d’une simple méthode agricole.

« L’Afrique est en première ligne d’une crise climatique qu’elle n’a pas créée. L’agroécologie n’est pas seulement une méthode de production ; c’est un acte de résistance et une affirmation de la souveraineté alimentaire des nations africaines face à des chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles et souvent inéquitables. »

Renforcer les politiques publiques en Afrique de l’Ouest

L’un des messages forts de cette première journée est venu du professeur Saa Dittoh, économiste spécialiste du développement agricole et des systèmes alimentaires à l’Université for Development Studies (UDS) de Tamale et coordinateur du projet CIRAWA au Ghana.

Selon lui, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest accusent encore un retard par rapport à certaines nations d’Afrique de l’Est dans l’intégration de l’agroécologie dans leurs politiques agricoles.

« La transition agroécologique possède un potentiel immense, mais elle ne pourra réussir qu’en s’appuyant sur une science responsable, des communautés locales mobilisées et un engagement fort des gouvernements », a-t-il souligné, appelant les différents acteurs à renforcer leur plaidoyer en faveur de cette transition.

Une dynamique régionale

Au cours des trois prochains jours, les participants prendront part à des conférences, ateliers techniques et discussions politiques consacrés aux opportunités, aux obstacles et aux solutions permettant de généraliser les pratiques agroécologiques en Afrique de l’Ouest.

Des délégations du Ghana, du Sénégal, de la Gambie, du Cap-Vert ainsi que plusieurs partenaires européens participent à cette rencontre régionale, qui ambitionne de renforcer les collaborations scientifiques et institutionnelles autour de systèmes agricoles plus résilients, productifs et respectueux de l’environnement.

Au-delà des échanges, la conférence CIRAWA entend démontrer que la transition agroécologique constitue aujourd’hui un levier stratégique pour concilier sécurité alimentaire, adaptation climatique, préservation de la biodiversité et développement économique dans une région particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.

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