À l’occasion de la NewSpace Africa Conference 2026 organisée à Libreville, au Gabon, Temidayo Oniosun, Directeur Général de Space in Africa, revient sur les enjeux du développement spatial africain.
Inclusion, partenariats internationaux, investissements et souveraineté technologique : il appelle les pays africains à saisir les opportunités offertes par les technologies spatiales pour répondre aux grands défis du continent.
Cette année, la NewSpace Africa Conference est placée sous le thème “Inclusive Growth: Expanding Space Benefits to all Africans.” Pourquoi ce thème est-il particulièrement important aujourd’hui ?
La pertinence de ce thème est très simple : il s’agit d’étendre les bénéfices du spatial à tous les Africains et de s’assurer que personne ne soit laissé de côté.
Aujourd’hui, sur les 54 pays africains, seuls une vingtaine disposent d’un programme spatial national. Mais qu’un pays possède ou non un programme spatial, cela ne signifie pas qu’il ne peut pas bénéficier des technologies spatiales. Nous voulons inclure tout le monde dans le développement spatial continental.
C’est aussi la raison pour laquelle cette édition se tient au Gabon, en Afrique centrale, une région encore peu développée dans le secteur spatial.
Le Gabon est actuellement le seul pays d’Afrique centrale disposant d’un programme spatial national. Organiser cette conférence ici envoie donc un message fort : le développement spatial africain doit être inclusif et concerner toutes les régions du continent.
Dans cette dynamique de croissance du secteur spatial africain, quelle place occupent les partenariats internationaux et les investissements privés ?
Les partenariats sont essentiels pour la croissance de l’écosystème spatial africain.
Même si l’industrie spatiale africaine génère aujourd’hui plusieurs milliards de dollars, une grande partie de cette valeur ne reste pas encore sur le continent. Et si l’on regarde l’industrie spatiale mondiale, l’Afrique n’en représente encore qu’une petite portion.
Pour accélérer notre développement, nous devons travailler avec des acteurs qui ont déjà parcouru ce chemin.
Que ce soit dans la fabrication, les lancements, l’observation de la Terre ou encore le développement des technologies satellitaires, les collaborations permettent d’aller beaucoup plus vite.
Être capable de collaborer avec des partenaires internationaux peut permettre à l’Afrique d’accélérer considérablement sa croissance dans le spatial.
Quel message principal retenez-vous de cette édition de la conférence ?
Mon principal message aux pays africains est que l’industrie spatiale se trouve actuellement à un tournant décisif. Nous sommes à un moment où les décisions prises aujourd’hui vont déterminer l’avenir du secteur pour les prochaines décennies.
C’est donc le moment pour les pays africains de se réveiller et d’explorer les moyens de maximiser les bénéfices du spatial.
La majorité des problèmes auxquels l’Afrique est confrontée qu’il s’agisse de l’insécurité, des défis alimentaires, du chômage ou d’autres enjeux de développement peuvent être mieux traités grâce à une meilleure information. Et c’est précisément ce qu’apportent les technologies spatiales.
Nous pouvons utiliser les technologies spatiales pour répondre aux problèmes fondamentaux de l’Afrique, et chaque pays devrait s’engager dans cette dynamique.
Kuessi Togbé