À Lomé, les acteurs nationaux sont mobilisés autour de l’Accord BBNJ, instrument international consacré à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales. Du 20 au 27 août 2026, administrations publiques, services techniques, médias, société civile et communes littorales prennent part à une série d’ateliers destinés à mieux comprendre les enjeux de l’accord et à préparer sa mise en œuvre au Togo.
La gouvernance durable des océans s’impose progressivement comme un enjeu stratégique pour le Togo. Depuis le 20 août, une série d’ateliers nationaux de sensibilisation réunit à Lomé différents acteurs autour de l’Accord relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, communément appelé Accord BBNJ.
Organisée par le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans le cadre du programme WASOP3 financé par l’Union européenne, cette initiative se poursuit jusqu’au 27 août. Elle concerne successivement les administrations et services techniques, les professionnels des médias, puis les organisations de la société civile et les communes littorales.
Une étape importante pour le Togo
Adopté le 19 juin 2023 dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, l’Accord BBNJ est entré en vigueur le 17 janvier 2026. Il s’articule autour de quatre piliers majeurs : les ressources génétiques marines et le partage juste et équitable des avantages, les outils de gestion par zone, notamment les aires marines protégées, les études d’impact environnemental, ainsi que le renforcement des capacités et le transfert des technologies marines.Le Togo, qui a signé l’accord le 23 septembre 2023, a déjà engagé son processus national de ratification.
Pour le Dr Laré Batouth Penn, Directeur de Cabinet au Haut Conseil pour la Mer, cette étape doit être envisagée comme une véritable démarche de préparation nationale.Dans son discours d’ouverture, il souligne ainsi que « le processus national de ratification et de préparation de la mise en œuvre de l’Accord ne saurait être considéré comme une simple formalité juridique ou diplomatique ». Il y voit plutôt un enjeu stratégique nécessitant anticipation, coordination institutionnelle et renforcement des capacités nationales.
Préparer une réponse nationale coordonnée
Au-delà de la connaissance des dispositions de l’accord, les ateliers cherchent précisément à identifier les responsabilités des différentes institutions et à renforcer leur capacité à travailler ensemble. Le Dr Laré Batouth Penn rappelle à ce propos que la mise en œuvre du BBNJ appelle une mobilisation interministérielle et interinstitutionnelle, la gouvernance des océans se situant à la croisée de plusieurs secteurs : environnement, transports, recherche scientifique, sécurité, affaires étrangères, économie, finances, ressources naturelles et développement territorial.
Une vision partagée également par l’UICN. Dans son intervention, Barthélémy BATIENO, Coordonnateur du programme WASOP3, rappelle que l’entrée en vigueur de l’accord ouvre une nouvelle phase pour les États. Selon lui, le BBNJ constitue « une avancée majeure dans la gouvernance internationale des océans », appelant désormais les pays à préparer efficacement leur participation aux mécanismes institués par cet instrument.
Le responsable du programme WASOP3 insiste également sur la nécessité de prendre en compte les intérêts et les besoins spécifiques des pays en développement. Cette approche rejoint l’ambition affichée par les organisateurs de faire des ateliers un espace d’échanges, mais surtout de faire émerger des recommandations concrètes et adaptées au contexte togolais.
Des enjeux qui dépassent l’environnement
Pour le Togo, le BBNJ touche à plusieurs dimensions. La protection des écosystèmes marins est étroitement liée à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance des communautés dépendantes de la pêche, mais aussi à la recherche scientifique, à l’innovation et au développement de l’économie bleue.
Les ateliers consacrés aux médias, organisés les 24 et 25 août, accordent par ailleurs une place particulière à la qualité de l’information destinée au public. Les journalistes et chargés de communication sont appelés à mieux maîtriser les enjeux du BBNJ afin de contribuer à leur vulgarisation et à une meilleure compréhension des questions liées à la gouvernance durable des océans.À travers cette mobilisation, le Togo cherche ainsi à renforcer les bases d’une participation nationale mieux structurée à la gouvernance internationale des océans.
L’objectif, au-delà des ateliers, est de faire émerger une compréhension commune, des responsabilités mieux définies et des recommandations susceptibles d’alimenter la position du pays dans la perspective de la première Conférence des Parties (COP1) et des prochaines étapes de mise en œuvre de l’Accord BBNJ.