À l’approche du 3e Sommet sur la pêche artisanale à Rome, les organisations africaines du secteur appellent à une application équitable de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche. Une consultation menée auprès de 37 organisations dans 25 pays met en évidence l’urgence de renforcer la surveillance, les infrastructures et les moyens de subsistance des communautés côtières.
Les organisations africaines de pêche artisanale veulent faire des règles de l’OMC sur les subventions à la pêche un véritable levier de protection des communautés côtières. Réunis à travers deux webinaires continentaux les 18 et 25 août 2026, puis consultés dans 25 pays, les acteurs du secteur ont identifié plusieurs priorités pour une mise en œuvre plus équitable de l’accord.
La situation apparaît particulièrement préoccupante sur le terrain. Selon la consultation, 25 des 37 organisations interrogées déclarent ne bénéficier d’aucune aide au carburant, ou seulement d’un soutien partiel et irrégulier. Or, dans de nombreuses communautés, le carburant représente près de la moitié des coûts d’une sortie de pêche.
Dans le même temps, 36 organisations sur 37 signalent des incursions de navires industriels ou étrangers dans les zones réservées à la pêche artisanale. Une seule estime la surveillance nationale efficace.Les conséquences pourraient également toucher fortement les femmes. Trente-deux organisations estiment que les travailleuses de la transformation, du commerce et des activités post-capture seraient particulièrement affectées par une diminution des débarquements.
Les participants plaident ainsi pour que ces femmes soient considérées comme des actrices à part entière du secteur, et non comme de simples bénéficiaires de politiques publiques.Les acteurs ne rejettent pas pour autant toute réforme. Vingt-sept organisations se disent favorables à une suppression progressive des subventions mal ciblées, à condition qu’elle s’accompagne de mesures de transition, de protection sociale et d’investissements productifs.
Parmi les priorités figurent notamment le suivi et la surveillance des pêches, la protection des zones artisanales, les infrastructures de débarquement, la chaîne du froid, la transformation ainsi que des mesures ciblées en faveur des femmes, des jeunes et des coopératives.Les participants appellent enfin à une coordination rapide entre les ministères de la Pêche et du Commerce, à l’inventaire des subventions existantes et à la mise en place de plateformes permanentes de concertation.
L’objectif : passer des engagements internationaux à une mise en œuvre qui protège à la fois les populations, leurs moyens de subsistance et la durabilité des ressources halieutiques africaines.
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Jean Tognikpo