ENVIRONNEMENT

Changement climatique : les sols, une ressource à préserver d’urgence

Alors que l’urbanisation mondiale s’accélère, la santé des sols apparaît comme un enjeu majeur pour l’alimentation, l’environnement et le bien-être des populations. Dans un article de fond consacré aux sols urbains, la FAO souligne leur rôle essentiel dans la construction de villes plus durables et capables de mieux faire face aux effets du changement climatique.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), environ 55 % de la population mondiale vit aujourd’hui en ville, une proportion qui pourrait atteindre 68 % d’ici 2050. Cette croissance démographique impose de repenser les espaces urbains, notamment leur capacité à produire une partie des aliments, à gérer les eaux de pluie, à réduire les températures et à préserver la biodiversité. Dans ce contexte, les sols constituent une ressource stratégique souvent sous-estimée.

Des sols au cœur de la sécurité alimentaire

Les sols contribuent directement à l’approvisionnement alimentaire des populations urbaines. La FAO estime que plus de 80 % des aliments consommés dans les villes proviennent d’agriculteurs familiaux, dont l’activité dépend de sols en bonne santé. À l’échelle urbaine, l’agriculture permet également de produire environ 10 % des légumes, légumineuses et tubercules consommés dans le monde.

Potagers, terrains agricoles, espaces périurbains ou encore cultures sur les toits peuvent ainsi contribuer à rapprocher la production des consommateurs. Pour la FAO, une meilleure planification de l’utilisation des terres et l’intégration de l’agriculture dans les politiques urbaines peuvent renforcer à la fois la sécurité alimentaire et les économies locales.

Un rempart contre les effets du changement climatique

Les sols jouent également un rôle dans la lutte contre les phénomènes météorologiques extrêmes. Leur imperméabilisation croissante par le béton et l’asphalte limite l’infiltration des eaux et peut accentuer les risques d’inondation.

À l’inverse, des sols en bonne santé, associés à une couverture végétale plus importante, favorisent l’absorption des eaux de pluie, contribuent à réduire les températures de surface et participent à la séquestration du carbone. Les arbres, parcs et corridors verts peuvent également contribuer à filtrer certains polluants présents en milieu urbain.

Santé, espaces verts et gestion des déchets

Au-delà des fonctions environnementales, les sols participent au bien-être des populations. Les parcs, jardins et espaces arborés offrent des lieux de détente et encouragent l’activité physique, tout en contribuant à réduire le stress et l’anxiété.

La gestion des déchets constitue enfin un autre levier. La FAO rappelle que les villes génèrent environ 70 % des déchets mondiaux. La valorisation de la matière organique en compost, biocharbon ou autres amendements peut permettre de restituer des nutriments aux sols et de soutenir l’agriculture urbaine.

À travers son Initiative Villes vertes, la FAO encourage ainsi une transformation des espaces urbains conciliant alimentation, environnement, santé et résilience. Une ambition qui rappelle qu’avant de construire les villes de demain, il faut aussi prendre soin de ce qui se trouve sous leurs pieds : leurs sols.

Jean Tognikpo

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