Comment concilier conservation de la biodiversité, développement économique et gestion durable des ressources naturelles dans le bassin du Congo ? La question sera au cœur d’un événement consacré à l’Initiative sur les paysages du bassin du Congo, prévu le 21 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. La rencontre entend montrer comment une planification intégrée des territoires peut contribuer aux objectifs mondiaux de conservation de la biodiversité.
Organisée par la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), à travers l’Initiative sur les paysages du bassin du Congo (CBLI), la session bénéficie du soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et de l’Initiative internationale pour le climat (IKI). Le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde. Ses écosystèmes jouent un rôle majeur dans la conservation de la biodiversité, le stockage du carbone et la fourniture de services essentiels à plus de 130 millions de personnes.
L’Initiative sur les paysages du bassin du Congo est actuellement mise en œuvre dans huit pays d’Afrique centrale afin de lutter contre la dégradation des écosystèmes à travers des approches intégrées à l’échelle des paysages.
Mieux planifier l’utilisation des terres
L’un des principaux axes de la rencontre sera la présentation de la méthodologie améliorée de planification intégrée de l’utilisation des terres et du paysage (ILUMP). Développée par la COMIFAC avec l’appui technique et financier du PNUE, du Service des forêts des États-Unis (USFS) et du Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE (UNEP-WCMC), cette approche vise à mieux intégrer les enjeux environnementaux, climatiques et socioéconomiques dans les décisions relatives à l’aménagement des territoires.
La méthodologie prend notamment en compte les risques climatiques, la comptabilité du capital naturel, les services écosystémiques ainsi que la participation des peuples autochtones et des communautés locales. Elle prévoit également une planification multisectorielle et multi-échelle, accompagnée d’un suivi adaptatif fondé sur les connaissances scientifiques.
De la conservation à l’implication des communautés
Les participants examineront également les résultats obtenus en matière de conservation de la biodiversité, de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et de gestion durable des forêts. L’autonomisation des communautés, l’engagement du secteur privé et la coordination régionale feront également partie des échanges.
La rencontre réunira notamment des représentants des gouvernements des pays du bassin du Congo, des organisations régionales, des agences des Nations unies, des institutions scientifiques, des organisations de la société civile et des réseaux de peuples autochtones.
À travers cette initiative, la COMIFAC et le PNUE entendent ainsi tirer les enseignements des expériences menées en Afrique centrale et examiner les moyens de pérenniser et amplifier les solutions intégrées de gestion des paysages, en cohérence avec le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité.
Jean Tognikpo