Préserver les plantes médicinales ne consiste plus seulement à les conserver dans les espaces naturels. À l’Université d’Abomey-Calavi, cette démarche s’accompagne désormais d’un travail de documentation scientifique et de diffusion numérique des connaissances, selon un article publié dans le numéro 116 du Magazine UAC Info. Aux Jardins botaniques et zoologiques Édouard Adjanohoun (JBZ-EA), plus d’une centaine de plants de plantes médicinales ont été mis en terre à l’occasion de la 42ᵉ édition de la Journée nationale de l’Arbre, célébrée le 1er juin 2026.
Placée sous le thème « Les plantes médicinales, un trésor de santé et de biodiversité à protéger », l’initiative vise à contribuer à la préservation du patrimoine végétal et à la valorisation de la pharmacopée traditionnelle. Elle s’inscrit également dans une perspective de recherche scientifique sur les espèces médicinales et leurs connaissances associées.
L’une des particularités de cette campagne réside dans l’installation de plaques numériques équipées de codes QR. En les scannant, les visiteurs peuvent accéder aux données scientifiques relatives aux différentes espèces présentes dans le jardin. Cette technologie crée ainsi un lien direct entre le patrimoine végétal conservé sur le site et les informations scientifiques qui permettent de mieux le connaître.
Pour le Dr (MC) Hospice Dassou, conservateur des JBZ-EA, cette innovation constitue une évolution dans la manière de diffuser les connaissances botaniques auprès du public. Le jardin ne sert donc pas uniquement de lieu de conservation : il devient également un espace de transmission et de vulgarisation scientifique.L’enjeu dépasse toutefois la seule présentation des espèces.
La préservation des plantes médicinales pose également la question de la conservation des ressources phytothérapeutiques dans un contexte marqué par la réduction progressive des espaces verts sous l’effet de l’urbanisation. Le Vice-Recteur chargé de la Recherche universitaire, Professeur Aliou Saïdou, a ainsi insisté sur la nécessité de valoriser les connaissances traditionnelles.
Pour l’UAC, l’un des défis consiste précisément à mieux articuler savoirs endogènes et connaissances scientifiques. La recherche sur les plantes médicinales peut ainsi contribuer à documenter un patrimoine biologique et culturel tout en ouvrant des perspectives pour la santé publique.
Avec cette initiative, les JBZ-EA expérimentent une nouvelle manière de rapprocher biodiversité, recherche et technologie. La plante médicinale n’est plus seulement conservée : elle est identifiée, documentée et rendue accessible à travers un dispositif numérique.
Jean Tognikpo