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Edition 14 biennale de Dakar : l’art au service de l’écologie à l’Océanium

crédit photo océanium dakar

Fabrice Monteiro, Bodo Korsig Antoine Bertin, une même passion et des résultats différents pour une thématique commune. Ils sont les trois professionnels de l’art de la photographie dont les fruits des travaux sur la protection de l’environnement et notamment l’océan, émerveillent les regards à la 14ème édition de la biennale de Dakar -Sénégal.

Cette exposition authentique et surtout professionnelle poursuit la cible d’une sensibilisation plus efficace en ce qui concerne la sauvegarde de l’environnement en générale et celle de la population océanique en particulier. Ça fait 4ans que Charlotte Thomas travaille à l’Océanium Dakar. Chargée de communication de l’association, elle accorde une interview à notre équipe.

Quelles sont les œuvres que vous avez exposées dans le cadre de la biennale de Dakar ?

On a exposé trois artistes dans le cadre de la biennale de Dakar cette année. Le premier c’est Fabrice Monteiro, le deuxième c’est Bodo Korsig et le troisième Antoine Bertin. Les trois, on a décidé de travailler avec eux sur la thématique de protection de l’environnement et notamment de l’océan puisque dans l’Oceanium, il y a le mot  »océan » et on est au bord de la baie et nous on voulait s’engager dans ce milieu.

Oeuvres de Fabrice Monteiro  »La Mangrove » photo océanium Dakar

Ces trois artistes-là c’est des artistes engagés qui ont décidé de proposer des œuvres en lien avec la protection de l’océan.

Donc Fabrice, lui, a travaillé sur la thématique de la mangrove et des filés perdus avec toutes les deux statues qu’on a derrière. Donc c’est un guerrier de la mangrove, un guerrier pour nettoyer l’océan.

Donc c’était pour sensibiliser sur ces points-là. Ensuite, on a Bertin qui a fait la structure qui s’appelle  »conversation métabolite » qui parle de l’importance des phytoplanctons et de leur lien avec la photosynthèse.

D’ailleurs j’aimerais souligner qu’on parle beaucoup des arbres qui produisent de l’oxygène mais les océans produisent énormément d’oxygène. 60% de l’oxygène qu’on respire provient des océans, de ces phytoplanctons qui captent l’oxygène et rejettent du dioxyde de carbone. Et on a la troisième œuvre de Bodo qui est un artiste allemand international.

CHARLOTTE THOMAS CHARGEE A LA COMMUNICATION OCEANIUM DAKAR

Donc lui, il a travaillé sur la pollution et les organismes vivants marins. Donc la problématique de la pollution sur ces organismes-là.

Nous voulions montrer ces trois aspects qui sont des aspects importants ici au Sénégal, la pollution parce qu’on se rend compte qu’on a qu’une seule décharge à ciel ouvert qui se décharge dans la mer donc toute la baie de Dakar est polluée, on en trouve de tout. C’est pour ça qu’on fait des actions de nettoyage de l’océan.

Ces œuvres c’était aussi pour valoriser nos actions. On travaille beaucoup sur la mangrove et au Sénégal nous avons les mangroves les plus importantes de l’Afrique de l’ouest.

Donc on voulait sensibiliser sur l’importance de la mangrove. Finalement ça se traduit par les œuvres d’art qui mettent l’homme en plein cœur de l’environnement. Ensuite on voulait travailler sur la thématique de la production de l’oxygène et l’importance des océans.

Aujourd’hui quelle est la place de l’art dans la sensibilisation pour la protection de l’environnement ?

Pour nous c'est hyper important. Ça touche un secteur plein de personnes différentes. Ça peut toucher les personnes adultes, les enfants, les personnes âgées, l'international, des gens qui ne parlent pas le français. Puisque finalement pour comprendre l'art, des fois on a juste besoin de le voir, de l'interpréter à notre manière. 

Pour moi, les artistes ont un message important à faire passer et grâce à l’art on peut toucher différents publics. On n’est pas dans ce discours ou on tape sur les gens.

Pendant longtemps on a dit  » l’environnement c’est de votre faute » et en fait les gens en ont marre de ce genre de discours. Même moi qui travaille dans l’environnement, je n’ai pas envie de dire aux gens que c’est de leur faute. C’est la faute de personne et c’est la faute de tout le monde.

charlotte thomas chargee a la comùmunication OCEANIUM DAKAR

Et ce qui est bien avec l’art c’est que chacun le comprend à sa manière et de bien suivre les explications pour guider les personnes pour comprendre le sens artistique de l’œuvre. Mais ce que je trouve bien, c’est que chacun a son interprétation et va voir le visuel. C’est très important.

Oeuvre de Bertin Antoine –  »Conversation metabolite » Photo – Oceanium Dakar

Une invite à l’endroit des lecteurs ?

Déjà, il faut venir voir notre exposition. Elle est en place jusqu’au 21 juin et donc tout le temps de la biennale. Il y a juste le miroir d’ Antoine qui va être désinstaller le 11 juin parce qu’il doit partir sur une autre exposition. J’aimerais aussi dire qu’on est tous capable de faire de l’art, de comprendre un peu ce milieu.

J’invite aussi les Sénégalais à aller voir la biennale, elle est pour eux, elle est gratuite. Il y a pleins d’expositions partout dans Dakar. Et c’est l’occasion de se rendre compte de ce que plein de gens font, de ce qui se passe sur le territoire et il faut se sentir légitime d’aller voir ça.

On a le droit, c’est fait pour tout le monde cette biennale. L’Oceanium est ouvert du lundi au dimanche, tout le monde peut venir, c’est gratuit. Ce serait dommage de ne pas profiter de ces activités organisées par l’État Sénégalais et de passer à côté.

Propos recueillis par Giraud Togbé
Transcription Ricardo Domingo

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