Le moustique reste aujourd’hui l’animal le plus meurtrier de la planète. En Afrique de l’Ouest, il continue de transmettre des maladies graves comme le paludisme, la dengue, Zika, le chikungunya, le virus du Nil occidental ou encore la filariose lymphatique. Ces infections touchent des millions de personnes chaque année, principalement les adolescents et les jeunes adultes. Face à cette menace, la science mondiale, dont les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), développe des solutions innovantes pour mieux suivre, prévenir et contrôler ces maladies.
Avec plus de 3 700 espèces recensées dans le monde, les moustiques sont présents presque partout. Ce ne sont pas les piqûres qui sont dangereuses, mais les microbes qu’ils transportent. Lorsqu’un moustique infecté pique, il peut transmettre un parasite ou un virus capable de provoquer des maladies graves.
Ce phénomène, appelé « transmission vectorielle », est particulièrement préoccupant sous les climats tropicaux où chaleur et humidité favorisent la reproduction du moustique. En Afrique de l’Ouest, les zones urbaines, rurales et périurbaines sont toutes exposées, ce qui explique la persistance du paludisme et d’autres infections.
Le paludisme : la maladie la plus meurtrière portée par les moustiques
Le paludisme reste l’une des maladies les plus dangereuses au monde. En 2023, il a touché plus de 263 millions de personnes et causé près de 600 000 décès. En Afrique de l’Ouest, il continue d’affecter les familles, ralentit l’éducation des jeunes et pèse sur les économies locales.
Depuis plus de vingt ans, les CDC travaillent avec les ministères de la Santé et plusieurs organisations pour renforcer les laboratoires, soutenir les programmes nationaux et améliorer la prise en charge des patients. Ces efforts ont permis de sauver des millions de vies.
Cependant, de nouveaux défis compliquent la lutte : certains moustiques deviennent résistants aux insecticides, certains parasites ne répondent plus aussi bien aux traitements, et des moustiques invasifs s’installent désormais dans des zones urbaines où ils n’étaient pas présents auparavant. Le changement climatique, avec ses pluies irrégulières et ses températures extrêmes, crée aussi de nouvelles conditions favorables aux moustiques.
Une multitude de maladies transmises par un seul insecte
Le moustique ne transmet pas uniquement le paludisme. Le virus du Nil occidental, par exemple, est aujourd’hui l’une des principales maladies transmises par les moustiques dans plusieurs régions du monde. Chaque année, il provoque des milliers d’infections, dont plusieurs cas graves.
La dengue touche près de la moitié de la population mondiale vivant dans des zones à risque. Elle provoque des fièvres sévères et peut entraîner des complications dangereuses. Le chikungunya, signalé dans plus d’une centaine de pays, provoque des douleurs articulaires parfois durables.
Le virus Zika, bien que souvent bénin, devient extrêmement dangereux lorsqu’il touche les femmes enceintes, car il peut provoquer des malformations congénitales chez le fœtus. Quant à la filariose lymphatique, elle se manifeste par des gonflements douloureux et handicapants, affectant la vie sociale et professionnelle de millions de personnes.
Pour réussir à combattre les maladies, il faut d’abord être capable d’identifier précisément les moustiques qui les transmettent. L’un des plus difficiles à reconnaître est Anopheles stephensi, une espèce invasive capable de vivre en pleine ville.
Ce moustique est particulièrement inquiétant : il se reproduit très vite dans les petits récipients d’eau, résiste à plusieurs insecticides, et peut transmettre le paludisme toute l’année, même dans les zones urbaines densément peuplées. Pendant longtemps, il n’existait aucun outil simple pour le reconnaître sur le terrain.
En 2023, les scientifiques du CDC ont mis au point un test révolutionnaire appelé CLASS. C’est un test portable, qui ne nécessite ni laboratoire sophistiqué ni gros équipements. Il permet d’identifier rapidement Anopheles stephensi, ce qui aide les programmes nationaux à suivre sa progression et à réagir avant qu’il ne s’installe durablement.
Éliminer les eaux stagnantes près des maisons, utiliser les moustiquaires, se protéger avec des répulsifs, nettoyer les alentours et sensibiliser les familles restent des gestes essentiels. Le moustique est petit, mais son impact est immense. Le comprendre, c’est déjà commencer à se protéger.
Abdourahime Diallo