ENVIRONNEMENT

Sahel : le déficit de biomasse menace les pâturages et accentue les risques pour les éleveurs en 2026

La disponibilité des ressources fourragères recule dans plusieurs zones pastorales du Sahel, après deux campagnes agricoles particulièrement favorables. Selon le rapport régional sur la production de biomasse en 2026, publié le 17 octobre 2026 par Action contre la Faim (ACF), les déficits les plus préoccupants concernent la Mauritanie, le nord du Mali, l’est du Niger ainsi que le bassin du lac Tchad jusqu’au Soudan. Cette situation fait craindre une dégradation précoce des conditions d’élevage durant la saison sèche 2026-2027.

Une campagne marquée par de fortes disparités

La saison des pluies de 2026 a été caractérisée par une importante variabilité des précipitations, avec des déficits pluviométriques dans plusieurs espaces pastoraux. Dans son analyse, Action contre la Faim relève une production de biomasse globalement proche des moyennes historiques à l’échelle régionale, mais en recul par rapport aux campagnes 2024 et 2025.

Les contrastes géographiques sont particulièrement marqués. En Mauritanie, au Niger et au Tchad, plusieurs zones pastorales et agropastorales enregistrent une baisse notable des ressources fourragères. Au Tchad, les déficits sont particulièrement sévères dans les régions du Kanem, du Bahr El Gazel, du Hadjer-Lamis et dans une partie du Ouaddaï.

À l’inverse, les productions restent proches ou supérieures à la moyenne dans plusieurs zones soudaniennes et côtières, notamment au Burkina Faso et au Sénégal. Ces espaces pourraient ainsi conserver un rôle important dans l’accueil des troupeaux pendant la saison sèche.

La mobilité des troupeaux, un enjeu majeur

Au-delà des conditions climatiques, l’accès aux pâturages constitue une préoccupation centrale. Selon le rapport, l’insécurité, les déplacements de populations, les restrictions de circulation et certains contrôles frontaliers limitent les mouvements habituels de transhumance.

Ces contraintes réduisent les possibilités pour les éleveurs de rejoindre les zones où les ressources fourragères restent disponibles. Dans les territoires déficitaires, cette situation pourrait provoquer une concentration accrue des troupeaux autour des points d’eau et des pâturages encore accessibles.

Elle risque également d’accélérer l’épuisement des ressources et d’entraîner une soudure pastorale plus précoce, période durant laquelle les disponibilités alimentaires pour le bétail deviennent insuffisantes.

Une vigilance renforcée pour la saison sèche 2026-2027

Pour les prochains mois, Action contre la Faim appelle à une surveillance accrue des ressources pastorales, particulièrement dans l’est du Niger, le bassin du lac Tchad et l’ouest du Soudan. Le rapport recommande également de faciliter la transhumance transfrontalière, de préserver les couloirs de passage et de renforcer les dispositifs d’alerte précoce.

L’objectif est d’anticiper les tensions sur les ressources naturelles et de limiter les risques pour les ménages pastoraux. Si la situation régionale reste globalement moins préoccupante que lors des grandes crises pastorales du milieu des années 2010, les déficits localisés et les restrictions de mobilité pourraient fragiliser davantage les éleveurs au cours de la saison sèche et en 2027.

Consultez le rapport complet d’Action contre la Faim pour découvrir les analyses détaillées et les perspectives de la production de biomasse au Sahel en 2026 ⤵️

Jean Tognikpo

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Are you human? Please solve:Captcha


Vous aimerez aussi

Voir plus