Réunis à Bissau, les membres du Consortium Africain des Fonds pour l’Environnement (CAFÉ) ont adopté une nouvelle déclaration consacrée au financement durable de la biodiversité et à la protection des paysages côtiers et marins africains. Le texte place les Fonds Fiduciaires pour la Conservation au cœur d’une architecture financière appelée à mieux répondre aux besoins des écosystèmes, des populations et des territoires.
Adoptée le 30 septembre 2026, à l’issue de la 16e Assemblée générale du CAFÉ, tenue du 28 septembre au 2 octobre à l’invitation du Gouvernement de la Guinée-Bissau et de la Fondation BioGuinée, la Déclaration de Bissau s’inscrit dans la continuité des engagements pris à Arusha en 2023 et à Kinshasa en 2025. Elle s’appuie également sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et sur la Stratégie et le Plan d’action de l’Union africaine pour la biodiversité 2023–2030.
Le document souligne l’importance des écosystèmes africains, notamment les mangroves, zones humides, fleuves, océans et aires protégées, pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la résilience climatique. Il insiste particulièrement sur les espaces côtiers et marins, dont les fonctions écologiques sont étroitement liées aux cultures, aux savoirs et aux systèmes de gouvernance des communautés locales.
Dans cette perspective, le CAFÉ affirme son ambition de faire des Fonds Fiduciaires africains pour la Conservation des piliers durables du financement de la biodiversité sur le continent. Les membres s’engagent notamment à renforcer leurs fonds de dotation, améliorer la gouvernance et la transparence financière, soutenir les aires protégées et promouvoir une gestion collaborative intégrant les communautés locales, les femmes, les jeunes et les autorités traditionnelles.
La déclaration appelle également les gouvernements africains à reconnaître ces mécanismes comme des composantes importantes de leurs architectures nationales de financement de la biodiversité. Elle encourage la mobilisation de ressources nationales, notamment à travers des contributions budgétaires régulières, certaines recettes liées aux ressources naturelles, les redevances touristiques et environnementales ainsi que des incitations destinées au secteur privé et à la philanthropie africaine.
À l’endroit des partenaires internationaux, le CAFÉ plaide pour une augmentation de la part des financements de conservation confiés aux institutions africaines, ainsi que pour des capitaux plus flexibles et de long terme. Le texte prévoit enfin un mécanisme de suivi, avec une feuille de route devant être proposée dans les six mois suivant son adoption.
Les orientations seront notamment portées à la COP17 sur la biodiversité et à IMPAC6, prévu à Dakar en mars 2027.
Jean Tognikpo