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La transition énergétique ne doit plus être un tabou, avertit l’ONU

Lors d’une réunion ministérielle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à Paris, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel fort : le monde doit accepter de tourner la page des énergies fossiles. Selon lui, retarder la transition énergétique ne fera qu’aggraver l’instabilité mondiale, en particulier pour les pays du Sud qui dépendent des importations d’hydrocarbures.

Dans un message vidéo adressé aux participants, António Guterres a rappelé que la planète est entrée dans une nouvelle phase : celle des énergies propres. Il souligne que les énergies renouvelables solaire, éolien, hydroélectricité sont désormais les sources d’électricité « les moins chères et les plus sûres » presque partout dans le monde. Pour lui, la transition énergétique n’est plus un choix mais une réalité en marche, capable de transformer les économies et de créer des emplois durables.

Guterres a alerté sur le rôle de certains acteurs liés aux énergies fossiles qui tentent encore de bloquer les progrès. Selon lui, ces groupes diffusent de la désinformation pour faire croire que la transition serait trop coûteuse ou impossible à mettre en œuvre, alors que les innovations technologiques montrent le contraire.

Une dépendance mondiale qui fragilise les pays

Le chef de l’ONU a décrit la dépendance aux combustibles fossiles comme « l’une des plus grandes menaces pour la stabilité mondiale ». Près de 75 % de la population vit dans des pays qui importent la majorité de leur énergie. Ces pays subissent des prix instables, dépendent de fournisseurs extérieurs et voient leurs budgets engloutis par les factures de pétrole et de gaz. Pour Guterres, cette dépendance est une source permanente de vulnérabilité économique et géopolitique, rendant les États sensibles aux crises internationales.

Guterres insiste : la transition énergétique ne doit plus être un sujet sensible ou interdit. Chaque retard rendra les pays plus exposés aux crises futures. Il affirme que seule une transition rapide permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de renforcer la sécurité énergétique et d’offrir des perspectives économiques stables.

Vers une plateforme mondiale de transition équitable

Pour avancer efficacement, Guterres propose la création d’une plateforme mondiale où producteurs et consommateurs d’énergie pourraient élaborer ensemble un plan de transition « juste, ordonné et abordable ». Cette plateforme rassemblerait pays du Nord et du Sud, institutions financières, entreprises et société civile. L’objectif serait de coordonner les efforts, financer les innovations et garantir une transition qui ne laisse aucun pays derrière.

António Guterres a appelé les États présents à soutenir cette initiative. Pour lui, c’est en travaillant collectivement que le monde pourra accélérer la transition, protéger les populations et construire un avenir énergétique plus sûr et durable.

Abdourahime Diallo

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