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La COP30 au Brésil : un accord pour un soutien aux pays en développement

La conférence des Nations Unies sur le climat, qui s’est tenue à Belém, s’est achevée le 22 novembre par un accord. Ce texte adopté prévoit de mobiliser au moins 1 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 pour l’action climatique, de tripler le financement de l’adaptation et de rendre opérationnel le fonds pour les pertes et dommages convenu lors de la COP28.

Ce financement sera triplé pour les pays en développement afin de les protéger des effets croissants de la crise climatique. Le soutien aux travailleurs et aux communautés dans la transition vers les énergies propres sera renforcé.

La conférence lance également deux initiatives majeures l’Accélérateur mondial de mise en œuvre et la Mission Belém pour 1,5 °C afin d’aider les pays à réaliser leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), ou leurs plans d’action climatique nationaux et leurs plans d’adaptation.

Pour la première fois, cette décision reconnaît la nécessité de lutter contre la désinformation climatique , en s’engageant à promouvoir l’intégrité de l’information et à contrer les récits qui sapent l’action fondée sur la science.

Deux nouvelles feuilles de route

Lors de la réunion de clôture, le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a reconnu ce qui n’avait pas été inclus dans l’accord :

« Nous savons que certains d’entre vous nourrissaient de plus grandes ambitions concernant certains des enjeux actuels. Je sais que la jeunesse de la société civile exigera de nous que nous fassions davantage pour lutter contre le changement climatique. Je tiens à réaffirmer que je m’efforcerai de ne pas vous décevoir durant ma présidence. », a-t-il déclaré.

M. do Lago a annoncé son intention d’élaborer deux feuilles de route : l’une pour stopper et inverser la déforestation ; et l’autre pour abandonner progressivement les combustibles fossiles de manière  juste, ordonnée et équitable, en mobilisant les ressources nécessaires à ces fins.

La voie de consensus

Le chemin vers un consensus lors de la dernière Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), nom officiel des COP annuelles, a été tout sauf facile.

Le chef de l’ONU, a déclaré que la COP30 avait réaliser des progrès, tels que le lancement de l’Accélérateur mondial de mise en œuvre pour combler les écarts d’ambition, et a réaffirmé le Consensus des Émirats arabes unis, notamment une transition juste, ordonnée et équitable hors des combustibles fossiles.

« Mais les COP reposent sur le consensus et en période de clivages géopolitiques, parvenir à un consensus est plus difficile que jamais. Je ne peux pas prétendre que la COP30 a apporté tout ce qui était nécessaire. »

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

Le dépassement de 1,5 °C est un signal d’alarme : des réductions drastiques et rapides des émissions et un financement massif pour la lutte contre le changement climatique sont indispensables

De son côté, le responsable du climat de l’ONU, Simon Stiell, a souligné une série d’avancées majeures à la clôture de la COP30 : de nouvelles stratégies pour accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris , une volonté de tripler le financement de l’adaptation et des engagements en faveur d’une transition énergétique juste.

Et malgré ce qu’il a appelé des « eaux géopolitiques turbulentes » marquées par la polarisation et le déni climatique 194 nations sont restées unies, « maintenant l’humanité dans la lutte pour une planète vivable, déterminées à maintenir le cap à 1,5 °C ».

Au cœur de cette dynamique se trouve le texte phare de la COP30 : le texte de Mutirão, un accord global qui regroupe quatre axes de négociation litigieux de l’atténuation des changements climatiques au financement et aux barrières commerciales en un seul accord consensuel. Dix-sept décisions supplémentaires ont été adoptées en parallèle.

Le document final déclare que la transition mondiale vers un développement sobre en carbone et résilient au climat est irréversible et constitue la tendance de l’avenir. Il réaffirme que l’Accord de Paris fonctionne  et doit aller plus loin et plus vite renforçant ainsi le rôle de la coopération multilatérale en matière de climat.

Un programme d’action ambitieux ?

La présidence brésilienne a souligné que le succès de la COP30 va au-delà des accords négociés, mettant en avant une vague d’engagements volontaires dans le cadre du Programme d’action.

Parmi eux :

Fonds Forêts tropicales pour toujours : A levé 5,5 milliards de dollars et compte désormais 53 pays participants ; au moins 20 % des ressources sont directement allouées aux peuples autochtones et aux communautés locales.

Plan d’action sanitaire de Belém : La première initiative mondiale ciblant les menaces sanitaires liées au climat , lancée avec 300 millions de dollars provenant de 35 organisations philanthropiques.

Alliance UNEZA : Les entreprises de services publics se sont engagées à verser 66 milliards de dollars par an aux énergies renouvelables et 82 milliards de dollars au transport et au stockage.

Villes, régions et entreprises : Une coalition regroupant 25 000 bâtiments a déclaré avoir réduit ses émissions de CO₂ de plus de 850 000 tonnes en 2024.

Les pays se sont également engagés à élaborer un mécanisme de transition juste, renforçant la coopération, l’assistance technique et le renforcement des capacités.

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