Longtemps utilisées dans les traditions africaines pour soigner, purifier ou renforcer le corps humain, les plantes médicinales jouent aussi un rôle vital dans l’équilibre des écosystèmes. À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage du 3 mars 2026, l’accent est mis cette année sur l’importance de ces plantes qui soutiennent la biodiversité et la santé des communautés.
Des feuilles de neem utilisées contre le paludisme aux racines du kinkéliba prisées pour leurs vertus digestives, les plantes médicinales font partie du quotidien de millions de personnes en Afrique de l’Ouest. Mais au-delà de leurs usages bien connus, elles assurent des fonctions écologiques essentielles : maintien des sols, protection des insectes pollinisateurs, stockage du carbone, ou encore préservation des habitats naturels.
Depuis des millénaires, ces plantes sont utilisées dans les médecines traditionnelles africaines. Elles interviennent aujourd’hui aussi bien dans la fabrication de remèdes naturels que dans des produits pharmaceutiques modernes, des cosmétiques, des parfums ou des compléments alimentaires.
Face à cet engouement croissant pour le “naturel”, les discussions autour de leur utilisation durable deviennent essentielles. Comme l’a rappelé António Guterres, « la flore supporte la santé humaine et rend possible l’existence de la quasi-totalité des autres formes de vie. C’est particulièrement vrai pour les plantes médicinales et aromatiques ». Ces espèces représentent une passerelle entre science, traditions et environnement.
Pendant longtemps, la conservation de la faune sauvage s’est concentrée presque exclusivement sur les animaux. Pourtant, les plantes jouent un rôle tout aussi essentiel dans la survie des écosystèmes.
Danna J. Leaman, coprésidente sortante du Groupe de spécialistes des plantes médicinales de l’UICN, rappelle une réalité souvent négligée : « Il est frappant de constater combien de communautés – et même l’industrie pharmaceutique dépendent de médicaments dérivés, d’une manière ou d’une autre, de plantes ».
Efforts de conservation
Aujourd’hui, près de 30 000 espèces végétales sont reconnues pour leurs usages médicinaux dans le monde. Mais elles subissent une pression croissante liée à la déforestation, aux changements climatiques, à la dégradation des sols ou encore à la récolte non durable.
Les habitats naturels les plus vulnérables, comme les zones humides ou les milieux montagneux, voient leurs espèces disparaître à un rythme inquiétant.
L’exemple emblématique du nard de Jatamansi, une plante himalayenne classée en danger critique d’extinction, rappelle l’urgence de la conservation. Sa surexploitation menace non seulement la plante elle-même, mais aussi les écosystèmes qui en dépendent.
« Si la récolte et le commerce des plantes médicinales s’avèrent durables, cela permettrait aux économies locales d’en bénéficier tout en renforçant les incitations à préserver les habitats », insiste Mme Leaman à ONU Info.
Que peuvent faire les consommateurs et les entreprises ?
Avec la montée de la demande mondiale pour les remèdes naturels, la pression sur les plantes médicinales s’accentue. Il devient alors crucial de s’interroger sur la provenance des produits à base de plantes. « Il est important de s’intéresser à la provenance de ces produits », rappelle Mme Leaman, en soulignant que les arguments marketing ne suffisent pas à garantir une production respectueuse de l’environnement.
Pour aider les consommateurs, plusieurs outils existent désormais. La plateforme WildCheck, développée par TRAFFIC, l’UICN et la FAO, permet par exemple d’évaluer si les plantes utilisées sont récoltées de manière durable et si les communautés locales sont traitées équitablement. De leur côté, des normes comme FairWild proposent des standards stricts pour assurer une récolte responsable, de la plante sauvage au produit final.
Abdourahime Diallo