Au Sénégal, la souveraineté alimentaire ne se construit pas uniquement dans les champs. Elle commence aussi dans les laboratoires, les centres de recherche. C’est le message livré par le Directeur Général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), le Dr Mustapha Gueye, lors d’un entretien de fin d’année tenu au port de Dakar.
L’année 2025 marque un tournant important pour l’ISRA. Elle coïncide avec le lancement de l’Agenda national de transformation, qui confie à l’Institut un rôle clé dans le développement du pays. Désormais, l’ISRA est appelé à accompagner les filières agricoles et halieutiques, tout en apportant un appui scientifique aux décideurs publics, du niveau local au national, afin d’éclairer les politiques et les actions sur le terrain.
Selon le Dr Mustapha Gueye, l’ISRA a concentré ses efforts sur cinq grands domaines à savoir la socio-économie rurale, les productions végétales, la santé et les productions animales, les ressources forestières et les productions halieutiques. « Ces domaines couvrent l’ensemble des besoins liés à l’agriculture et à l’alimentation », explique-t-il.
Ensuite, à l’en croire, ces orientations se traduisent par des actions mesurables. D’ailleurs, présent dans toutes les zones agroécologiques du pays à travers 17 centres et unités, l’ISRA a renforcé la production de semences, le développement de vaccins vétérinaires et la production de bulletins statistiques sur la pêche.
Ces résultats constituent donc des intrants essentiels pour les producteurs. « Sans semences, il n’y a pas de souveraineté alimentaire. Sans vaccins, il n’y a pas de productivité animale », souligne le directeur général. À cela s’ajoutent, dit-il, des outils d’aide à la décision, utilisés aussi bien par les collectivités locales que par les ministères sectoriels.
La recherche halieutique face à un défi majeur
Sur un autre registre, la question de la recherche halieutique reste primordiale. Le bateau de recherche ITAF Dème de l’ISRA, immobilisé depuis 2022, symbolise à la fois les difficultés et les ambitions de l’institut. Malgré son ancienneté, il demeure un outil clé pour l’évaluation des ressources marines.
Pour le Dr Mustapha Gueye, des discussions avancées sont en cours pour l’acquisition d’un nouveau navire. L’objectif sera de reprendre rapidement les campagnes scientifiques dans la zone économique exclusive sénégalaise et dans la sous-région ouest-africaine. Ce, afin d’éclairer les décisions liées à l’exploitation des ressources halieutiques.
2026, renforcer et anticiper
Les perspectives pour 2026 s’articulent autour de plusieurs chantiers prioritaires. L’ISRA prévoit selon son Directeur général, de renforcer ses partenariats avec le secteur privé, de réhabiliter ses infrastructures et d’investir davantage dans les recherches liées aux nouvelles maladies animales, à la gestion des terres et aux ressources naturelles.
Le Dr Mustapha Gueye a insisté également sur la vision « One ISRA », qui vise à fédérer tous les centres autour d’objectifs communs, notamment dans une approche intégrée de la santé et de l’environnement.
À travers ce bilan 2025, l’ISRA confirme ainsi son rôle central : transformer la recherche scientifique en levier concret de souveraineté alimentaire et de développement durable pour le Sénégal.