Le recyclage des déchets plastiques représente un défi environnemental majeur. Le projet MOMS (Matière Organique et Matière Synthétique), porté par la startup Robit Système, apporte une solution innovante : transformer les bouteilles en plastique en filament pour imprimantes 3D.
Une initiative qui allie technologie, éducation et agriculture durable. Entretien avec François Mbengue, instigateur du projet François Mbengue.
Expliquez en quoi consiste exactement le projet MOMS et son objectif principal ?
Je suis François Mbengue, fondateur de Robit Système, une startup qui mêle technologie et impact social. Le projet MOMS vise à recycler les déchets plastiques en leur donnant une seconde vie. Plus précisément, nous transformons des bouteilles en plastique usagées en filament pour imprimantes 3D.
Ce filament est ensuite utilisé pour fabriquer divers objets utiles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de l’agriculture. L’objectif est double : réduire la pollution plastique et démocratiser l’accès aux technologies de fabrication numérique.
Comment est née la collaboration avec l’International School of Dakar (ISD) ?
La collaboration avec l’ISD est née d’une volonté commune de promouvoir l’éducation et le développement durable. Nos échanges ont révélé des synergies naturelles : l’ISD cherchait une approche innovante pour enseigner le recyclage et la fabrication numérique, tandis que notre projet proposait une solution concrète et pédagogique.
Ensemble, nous avons développé un programme éducatif intégrant le recyclage et l’impression 3D dans les cursus scolaires.
Quelles sont les principales étapes du processus de transformation des bouteilles en plastique en filament pour imprimantes 3D ?
Le recyclage des bouteilles plastiques passe par plusieurs étapes essentielles pour leur donner une seconde vie. D’abord, elles sont collectées puis triées selon leur type de plastique afin de s’assurer qu’elles sont compatibles avec l’extrusion.
Cette sélection rigoureuse permet d’optimiser la transformation et de garantir un matériau de qualité.Une fois triées, les bouteilles sont soigneusement nettoyées pour éliminer les impuretés, puis découpées en fines bandes. Ces morceaux sont ensuite chauffés et remodelés à l’aide d’une extrudeuse, une machine qui les transforme en filaments continus réutilisables.
Ce procédé permet de produire un matériau durable, prêt à être utilisé dans diverses applications. Avant toute utilisation, les filaments recyclés sont soumis à des tests de qualité pour vérifier leur solidité et leur résistance. Cette dernière étape assure que le plastique récupéré puisse être aussi performant qu’un matériau neuf, tout en contribuant à la réduction des déchets et à une production plus respectueuse de l’environnement.
Quelles sortes d’outils ou de matériels sont produits grâce à ce filament recyclé ?
Les filaments recyclés nous permettent de fabriquer plusieurs matériels pédagogiques : règles, supports, maquettes, permettant d’améliorer les outils d’apprentissage. Ensuite pour les outils agricoles, nous avons : goutteurs d’irrigation, mini-serres, et divers équipements destinés à faciliter le travail des agriculteurs.
Il y’a aussi, les pièces détachées et prototypes : les Fab Labs (laboratoires de fabrication équipés d’outils numériques) utilisent ces filaments pour le prototypage rapide, c’est-à-dire la création de modèles test avant production en série.
Comment le projet MOMS contribue-t-il concrètement à l’agriculture et au secteur de l’éducation ?
Nous avons l’éducation, qui sensibilise les jeunes à l’économie circulaire et leur donne accès aux nouvelles technologies, comme l’impression 3D, pour apprendre en fabriquant. L’agriculture aussi, en produisant des outils abordables et adaptés aux besoins des agriculteurs, nous facilitons des pratiques plus durables et accessibles.
Avez-vous rencontré des défis particuliers dans la mise en place de ce projet ? Et quels sont vos projets futurs pour développer davantage cette initiative ?
Comme tout projet novateur, nous avons dû surmonter plusieurs obstacles : D’abord, la stabilisation de la qualité du filament et trouver le bon équilibre aussi pour un filament solide et fiable n’a pas été simple.
Après nous avons eu des soucis de sensibilisation au recyclage : il a fallu convaincre les communautés de l’importance du tri et du recyclage. De plus, par rapport à l’accès aux machines spécifiques, certaines technologies restent coûteuses et nécessitent des financements.
Notre premier objectif est d’élargir le projet à d’autres écoles et communautés pour maximiser son impact. Il sera question aussi d’améliorer l’extrusion du filament afin d’optimiser sa qualité et son utilisation. Et enfin, explorer de nouvelles applications, notamment en construction et en artisanat local.
Le projet MOMS prouve qu’avec de l’innovation et de l’engagement, il est possible de transformer un problème environnemental en opportunité. En intégrant le recyclage plastique dans l’éducation et l’agriculture, François Mbengue et son équipe ouvrent la voie à des solutions durables et accessibles.
Propos recueilli Rahime Diallo