Le développement du secteur spatial en Afrique ne repose pas uniquement sur les satellites et les technologies de pointe. Il dépend avant tout des femmes et des hommes capables de les concevoir, de les utiliser et de les faire évoluer.
C’est le message central porté par le Professeur Gayane Faye , enseignant-chercheur et directeur du laboratoire de télédétection appliquée de l’Université Cheika Anta Diop de Dakar.
Engagé au sein du programme GMES & Africa, il préside le Réseau académique GMES & Africa, une initiative qui vise à replacer le monde universitaire au cœur des projets spatiaux africains.
« Si on veut pérenniser les acquis et assurer une réelle durabilité, il faut former des ressources humaines », insiste-t-il.
Ce réseau académique fédère aujourd’hui plus de 150 chercheurs et anciens chercheurs, répartis dans une trentaine de pays couvrant les cinq régions du continent. Une dynamique saluée par le Professeur Gayane, dans un contexte où l’Académie est souvent marginalisée dans les grands programmes régionaux.
« Dans beaucoup de projets, le secteur académique est en rade, alors qu’il est indispensable pour capitaliser ce qui est fait », souligne-t-il.
Grâce à cette collaboration, de nombreuses actions de formation et de renforcement de capacités ont vu le jour, permettant à des dizaines de jeunes Africains d’accéder aux outils et savoirs liés au spatial et au géospatial.
Pour lui, l’enjeu est que : « Si l’on veut vraiment développer le secteur spatial en Afrique, il faut former une masse critique, notamment de jeunes et de femmes ».
Au-delà des chiffres, le Réseau académique GMES & Africa apparaît comme un levier stratégique pour structurer une communauté scientifique africaine forte, capable de soutenir durablement les ambitions spatiales du continent.