ACTUALITES ENVIRONNEMENT

États -Unies : Donal Trump retire le pays des institutions  internationales de gouvernance climatique

Par une décision lourde de conséquences, les États-Unis viennent de se désengager de nombreuses organisations internationales, dont l’essentiel des structures qui encadrent aujourd’hui la coopération mondiale sur le climat.

À travers un mémorandum présidentiel signé le 7 janvier 2026, Donald Trump officialise un retrait massif des dispositifs multilatéraux chargés de répondre à la crise environnementale planétaire.

Derrière une formulation juridique sobre, le signal politique est sans ambiguïté : la question climatique sort des priorités stratégiques américaines.


Ce choix marque une rupture nette avec plusieurs décennies d’implication, parfois conflictuelle mais structurante, des États-Unis dans la gouvernance environnementale mondiale.

Un désengagement ciblé des institutions clés

Le texte présidentiel prévoit la sortie des États-Unis de plusieurs piliers du système climatique international. Parmi eux figurent notamment :

• le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), référence scientifique mondiale en matière de climat ;

• la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), cadre central des négociations internationales ;

• l’Agence internationale pour les énergies renouvelables ;

• l’Alliance solaire internationale ;

• le programme ONU-REDD, consacré à la lutte contre la déforestation.

Pris dans leur ensemble, ces retraits ne relèvent pas d’un simple réajustement administratif. Ils traduisent plutôt une déconstruction assumée de l’architecture climatique mondiale, patiemment bâtie depuis les années 1990 pour coordonner la réponse collective au dérèglement climatique.

Un impact immédiat sur la science et les financements

Historiquement, les États-Unis occupent une place centrale dans la production de connaissances climatiques, le financement de la recherche et le soutien technique aux pays vulnérables. Leur retrait entraîne plusieurs effets directs.

D’abord, une diminution significative des ressources financières allouées à la recherche climatique internationale. Ensuite, un affaiblissement du poids scientifique et institutionnel du GIEC, dont une partie des travaux repose sur l’expertise et les données américaines. Enfin, une fragilisation des capacités d’action de nombreux pays en développement, fortement dépendants des mécanismes d’appui multilatéraux.

Ainsi, Washington ne se contente pas de se retirer : il déséquilibre un système global, en laissant un vide que peu d’acteurs sont aujourd’hui en mesure de combler à court terme.

Un choix en décalage avec l’urgence climatique

Ce retrait intervient pourtant à un moment où les impacts du changement climatique se multiplient à l’échelle mondiale. Canicules, sécheresses prolongées, inondations et incendies deviennent plus fréquents et plus intenses. Face à ces constats, la communauté scientifique appelle à une accélération des efforts collectifs.

À contre-courant de ces alertes, les États-Unis optent pour le repli et l’isolement. En tournant le dos à la coopération, au partage des données et à la solidarité financière, l’administration Trump fait le pari risqué qu’une crise globale peut être gérée sans cadre international coordonné.

Ce mémorandum pourrait ainsi constituer un tournant durable dans la gouvernance climatique mondiale. À défaut d’un relais assuré par d’autres puissances, le désengagement américain menace de ralentir significativement la lutte contre le réchauffement climatique, avec des effets potentiellement irréversibles.

Plus qu’un acte diplomatique, cette décision s’apparente à un choix de société, dont les répercussions dépasseront largement les frontières des États-Unis et pèseront sur les générations à venir.

Abdourahime Diallo

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous aimerez aussi

Voir plus