La conférence inaugurale de la 15ᵉ édition de l’East Africa Communication Association (EACA) s’est tenue le 27 août 2025 à Addis-Abeba. Un rendez-vous placé sous le thème « Médias et communication pour l’intégration de l’Afrique » qui a donné lieu à des discours forts et visionnaires.
Les intervenants ont mis en évidence les grands défis contemporains du secteur, de la désinformation à l’intelligence artificielle, tout en soulignant le rôle stratégique des médias dans la construction de l’unité africaine.
Moment phare de la cérémonie, l’intervention de Pr Guy Berger, ancien haut responsable de l’UNESCO et spécialiste de la liberté d’expression, a marqué les esprits. Expert reconnu des politiques numériques et médiatiques, il a alerté sur les transformations profondes qui redéfinissent la communication mondiale et africaine.
« L’Afrique doit s’armer face aux défis croissants de l’intelligence artificielle, des deepfakes et de la désinformation en ligne », a-t-il prévenu, invitant à un débat collectif sur l’avenir du journalisme et de la gouvernance de l’information.
Ces propos ont fait le nid à une réflexion partagée par l’ensemble des participants sur les enjeux prioritaires.
Les médias, ont rappelé plusieurs orateurs, ne sont pas de simples relais d’information : ils sont appelés à devenir des acteurs de la construction d’une identité panafricaine. Et ce, en forgeant des récits communs et en soutenant l’Agenda 2063 de l’Union africaine, ils peuvent contribuer à transformer les frontières en passerelles de solidarité.
Les intervenants ont aussi insisté sur les risques posés par les contenus trompeurs. La multiplication des fausses informations en ligne fragilise la confiance du public et menace la cohésion sociale et politique. Dans un contexte de transitions démocratiques fragiles et d’enjeux géopolitiques pressants, ce danger apparaît comme une priorité à traiter.
L’émergence rapide de l’IA bouleverse la production et la diffusion des contenus. Elle offre des outils puissants pour analyser, vulgariser et rapprocher les connaissances, mais elle porte aussi en elle des dérives : manipulation de l’opinion, contenus automatisés sans vérification, perte de crédibilité journalistique. L’encadrement éthique et institutionnel de ces technologies devient donc crucial.
La conférence a également mis en avant la nécessité de renforcer les capacités des journalistes, chercheurs et communicateurs africains.
En somme, la conférence inaugurale de l’EACA s’est affirmée comme un véritable carrefour de réflexion et d’action, réunissant décideurs, chercheurs et praticiens.
Plus qu’une simple ouverture académique, cette session a lancé un appel : transformer la communication en un instrument de cohésion et de progrès au service d’une Afrique unie.